
Localisation : Île d’If, archipel du Frioul, commune de Marseille (7ᵉ arr.), département des Bouches-du-Rhône, région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Période de construction : années 1520–1531, sous le règne de François Ier
Style architectural : forteresse côtière de la Renaissance, architecture militaire de transition entre château médiéval à tours rondes et fortification bastionnée adaptée à l’artillerie
Type de construction : forteresse maritime royale, ancienne prison d’État, aujourd’hui site historique et touristique
Classement : classé Monument historique (MH) le 7 juillet 1926 (château et mur d’escarpe entourant l’îlot)
Coordonnées GPS : 43.27972° N ; 5.32528° E
État actuel : monument restauré, géré par le Centre des monuments nationaux, intégré au Parc national des Calanques depuis 2012, ouvert à la visite
Accès / ouverture au public : accès uniquement par bateau au départ du Vieux-Port de Marseille ; visite payante, horaires variables selon la saison (10h–18h en été, 10h–17h en hiver, fermé le lundi)
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Château d'If - Marseille, France
(Les informations suivantes sont données à titre indicatif. Vérifiez toujours les données actualisées sur le site officiel avant votre visite.)
Du 1ᵉʳ avril au 30 septembre : 10h – 18h
Du 1ᵉʳ octobre au 31 mars : 10h – 17h
Fermé le lundi, ainsi que les 1ᵉʳ janvier, 1ᵉʳ mai et 25 décembre
En cas de mistral ou de forte houle, les navettes ne peuvent pas accoster : le monument reste alors fermé.
Pas de voiture sur l’île. Il faut stationner à Marseille (parkings autour du Vieux-Port) puis prendre le bateau.
Pas de voiture sur l’île. Il faut stationner à Marseille (parkings autour du Vieux-Port) puis prendre le bateau.
Navettes maritimes au départ du Vieux-Port de Marseille (Quai de la Fraternité).
Compagnies principales : Frioul If Express et autres armateurs proposant des croisières calanques + Château d’If.
Durée de traversée : environ 20 à 30 minutes selon les conditions de mer.
Billet simple ou combiné possible (baie de Marseille + escale à If ; Frioul + If).
Parkings publics payants autour du Vieux-Port (notamment parking Vieux-Port – La Criée, Charles de Gaulle, etc.). Pas de parking sur l’île.
Les animaux domestiques ne sont en principe pas acceptés dans le monument.
Certaines compagnies de bateau peuvent accepter les chiens tenus en laisse à bord ; renseignez-vous avant l’embarquement.
Comptez 2 à 3 heures sur place (visite du château + tour de l’îlot), auxquelles s’ajoute le temps de traversée.
Prévoyez des chaussures fermées (marches irrégulières, rocher, escaliers raides).
Emportez chapeau, lunettes de soleil, crème solaire : le soleil et la réverbération sur la mer sont intenses.
En hiver ou par mistral, emportez coupe-vent chaud : l’îlot est très exposé.
Réservez vos billets à l’avance en haute saison et vérifiez le matin même l’état de la mer (annulations possibles).
Le Château d’If se trouve :
Depuis l’autoroute (A7, A55, A50) : suivre les indications « Marseille centre / Vieux-Port ».
Stationner dans l’un des parkings publics proches du port.
Rejoindre à pied le Quai de la Fraternité, point de départ des navettes pour le Frioul – Château d’If.
Acheter votre billet de bateau (en ligne ou sur place selon la compagnie) et embarquer pour l’îlot d’If.
La traversée offre déjà une vue superbe sur les forts Saint-Jean, Saint-Nicolas, le MuCEM, puis sur les îles du Frioul.
Aux alentours du Château d’If, on peut découvrir :
Le Château d’If, planté sur son rocher au cœur de la rade de Marseille, est l’une des forteresses les plus emblématiques du sud de la France. Édifié sous François Ier dans les années 1520–1530 pour verrouiller l’accès au port, ce château-fort marin, aux puissantes tours cylindriques, devient très vite une prison d’État redoutée, surnommée la « Bastille des mers ». Protestants, opposants politiques et figures célèbres y furent enfermés, avant que la fiction ne dépasse l’histoire : Alexandre Dumas y situe l’emprisonnement d’Edmond Dantès dans Le Comte de Monte-Cristo, faisant du site un lieu de pèlerinage littéraire mondialement connu.
Aujourd’hui, visiter le Château d’If, dans les Bouches-du-Rhône en Provence-Alpes-Côte d’Azur, c’est embarquer depuis le Vieux-Port pour une courte traversée en bateau vers l’archipel du Frioul. Sur place, le visiteur découvre les courtines battues par le mistral, les cachots sombres, les graffitis de prisonniers, mais aussi un panorama exceptionnel sur Marseille, Notre-Dame de la Garde et les calanques. Entre patrimoine fortifié, légende littéraire et paysage méditerranéen, le Château d’If est un incontournable du tourisme culturel à Marseille, loin des grands châteaux du centre de la France mais au cœur de l’histoire maritime du royaume.
Le Château d’If se présente comme une forteresse compacte, presque géométrique, posée sur un îlot calcaire de taille modeste. Le cœur du dispositif est un carré de pierre de 28 mètres de côté, élevé sur trois niveaux, flanqué de trois puissantes tours cylindriques : Saint-Christophe, Saint-Jaume et Maugouvert. Ces tours casematées sont percées de larges embrasures de tir, adaptées aux canons de la Renaissance.
L’architecture traduit un moment charnière : les tours restent rondes, les courtines hautes, héritage de la fortification médiévale, mais les épaisseurs de murs, la disposition des casemates, les embrasures à la française et la recherche de feux croisés annoncent la future fortification bastionnée. Les tours sont en partie détachées des courtines, comme un prototype de bastion, et dominent la mer d’une vingtaine de mètres.
Les maçonneries mêlent le calcaire brut de l’îlot, appareillé en blocs massifs, à la « pierre du Midi » provenant des carrières de La Couronne, utilisée pour les parties plus soignées : encadrements de baies, sols de la cour, terrasses. Le contraste entre la teinte claire de la pierre et le bleu profond de la Méditerranée renforce la lecture des volumes, particulièrement spectaculaire depuis la mer.
À l’intérieur, la forteresse s’organise en casemates voûtées, salles de garde et chambres percées de meurtrières. Les voûtes en berceau, épaisses, témoignent de la priorité donnée à la résistance aux coups de canon plutôt qu’au confort. Les cheminées, rares, rappellent que certaines pièces furent transformées en cellules « de faveur » pour des prisonniers fortunés.
Plusieurs éléments marquent particulièrement la visite :
L’îlot d’If est de très faible superficie ; presque toute sa surface est structurée par le dispositif défensif. En arrivant par le débarcadère moderne, on monte par un escalier taillé dans le rocher jusqu’à la porte principale, prise en tenaille entre les tours Saint-Jaume et Maugouvert.
Une fois franchie la porte, on débouche sur une cour intérieure étroite, encadrée par les hautes courtines du carré central. De là, des escaliers de pierre mènent :
À l’extérieur du carré principal, le visiteur peut faire le tour d’une partie de l’enceinte : cheminements sur la couronne rocheuse, batteries tournées vers le large, restes de postes de guet. Le dénivelé, les marches irrégulières et l’étroitesse de certains passages expliquent que l’île soit difficilement accessible aux personnes à mobilité réduite.
Le Château d’If occupe la plus petite île de l’archipel du Frioul, à environ 1,5 km au large du Vieux-Port de Marseille. Autour, la mer Méditerranée se referme en une rade presque circulaire, encadrée par la côte marseillaise, les îles de Ratonneau et Pomègues et, plus loin, les reliefs du massif de Marseilleveyre.
L’îlot lui-même est un bloc calcaire battu par le mistral : peu ou pas de végétation, des falaises abruptes, un environnement minéral qui renforce l’impression d’isolement. Cette insularité extrême a longtemps fait du site un « Alcatraz marseillais », réputé inattaquable… et inévitablement sinistre pour ceux qui y étaient enfermés.
Depuis les remparts, le panorama est spectaculaire : à l’est se dessinent le Vieux-Port, le Panier, le fort Saint-Jean et la silhouette de la basilique Notre-Dame-de-la-Garde ; à l’ouest, les îles de Pomègues et Ratonneau avec leurs criques et fortins. Le château est désormais au cœur du Parc national des Calanques, ce qui renforce à la fois les enjeux de protection du patrimoine bâti et la préservation de l’environnement marin fragile.
Si l’îlot d’If est connu des marins depuis l’Antiquité, il reste longtemps inhabité. Il n’entre vraiment dans l’histoire qu’au début du XVIᵉ siècle. En 1516 déjà, on y débarque un rhinocéros offert à François Ier, animal qui fascine l’Europe et inspirera la célèbre gravure de Dürer : signe que l’îlot sert de point d’escale dans la rade sans être encore fortifié.
En 1524, Marseille subit un siège des troupes impériales de Charles Quint. L’épisode révèle la vulnérabilité de la rade et convainc François Ier de créer une forteresse royale à l’entrée du port pour protéger la ville, mais aussi pour y affirmer l’autorité du roi face à une cité jalouse de ses libertés communales. Le chantier du Château d’If est lancé en 1529 ; la garnison est en place dès 1531. C’est la première grande place forte du roi de France à Marseille.
XVIᵉ siècle : la forteresse de la rade
Très vite, le château joue un rôle dissuasif. En 1536, lorsque Charles Quint tente à nouveau d’attaquer Marseille, la présence de la forteresse contribue à détourner l’offensive vers la voie terrestre, où elle échoue. Les canons d’If commandent les chenaux de navigation ; la rade devient un verrou stratégique sur la façade méditerranéenne du royaume.
À la fin du XVIᵉ siècle, en pleine tourmente des guerres de Religion, Marseille se déchire. Le chef ligueur Charles de Casaulx tente de faire de la ville une république indépendante. Le gouverneur royal d’If, resté fidèle au roi, renforce alors l’enceinte bastionnée autour de l’îlot, avec l’aide de troupes étrangères, pour garder le contrôle de la rade.
XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles : la prison d’État et la modernisation Vauban
À partir de la fin du XVIᵉ siècle, le rôle militaire pur s’efface progressivement au profit d’une fonction carcérale : le Château d’If devient une prison d’exception, isolée, idéale pour enfermer les opposants au pouvoir. L’architecture interne s’adapte : casemates transformées en cellules collectives, culs-de-tour utilisés comme cachots, aménagement de chambres de « pistoliers » payantes pour les détenus fortunés.
En 1701–1702, Vauban inspecte le site. Il critique la hauteur excessive des feux d’artillerie, peu efficaces contre les navires modernes, mais juge solide le château originel. Il fait construire la caserne Vauban, bâtiment de corps de garde plus confortable, et propose l’ajout d’une quatrième tour qui ne sera jamais réalisée, tandis que des batteries basses sont développées sur les îles voisines pour compléter le dispositif.
XIXᵉ siècle : du bagne politique au monument de papier
Durant la Révolution, l’Empire et surtout le XIXᵉ siècle, If reste l’une des plus vieilles prisons d’État de France. On y enferme successivement des protestants (notamment après la révocation de l’édit de Nantes), des opposants politiques royalistes ou républicains, des communards comme Gaston Crémieux, exécuté sur place en 1871. Au total, plusieurs milliers de prisonniers, dont plus de 3 500 huguenots, y auraient été détenus.
En 1844, survient l’événement qui changera à jamais l’image du lieu : la publication du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. L’auteur choisit le château comme décor de l’emprisonnement d’Edmond Dantès et de l’abbé Faria. Très vite, les lecteurs affluent à Marseille pour voir de leurs yeux cette prison de roman. L’armée met en scène des « cellules de Dantès et Faria » pour répondre à cette curiosité, amorçant la reconversion du site en monument touristique avant même la fin de son usage carcéral.
Le Château d’If n’est pas le siège d’une grande famille aristocratique ou d’un ordre religieux. C’est avant tout un outil de l’État royal, placé sous l’autorité d’un gouverneur représentant le roi, puis de l’armée française.
Au fil des siècles, le site passe :
Aujourd’hui, le château est un bien public de l’État, inscrit dans une logique patrimoniale et touristique, en articulation étroite avec le Parc national des Calanques et les autorités maritimes.
Le Château d’If n’a jamais connu de siège majeur comparable aux grandes citadelles terrestres, mais son histoire est traversée par les conflits :
Aucune destruction massive n’est survenue : c’est la perte progressive d’utilité militaire après la guerre de 1870, plus que les combats, qui conduit à la désaffection de la place et à sa reconversion.
Désaffecté comme prison à la fin du XIXᵉ siècle, le château est démilitarisé et ouvert au public à partir de 1890, avec la mise en place d’une desserte régulière par bateau. Les aménagements touristiques restent rudimentaires jusqu’à l’entre-deux-guerres. Le classement Monument historique en 1926 marque un tournant : la conservation devient une priorité, et de premières restaurations sont entreprises.
Au XXᵉ siècle, le château devient peu à peu l’un des sites payants les plus visités de Marseille, accueillant près de 100 000 visiteurs par an. La gestion passe au Centre des monuments nationaux, tandis que les compagnies de navigation privées organisent la traversée depuis le Vieux-Port.
Depuis 2012, l’îlot et la forteresse sont intégrés au Parc national des Calanques, ce qui implique une attention accrue à l’érosion marine, à la biodiversité et aux impacts du dérèglement climatique, notamment la montée du niveau de la mer et les épisodes météorologiques extrêmes dont sont de plus en plus victimes les monuments littoraux tels que le Château d’If.
Au XXIᵉ siècle, les travaux de consolidation des maçonneries, de sécurisation des cheminements et de valorisation muséographique se poursuivent. Des expositions temporaires, des dispositifs de médiation sur l’histoire carcérale et la littérature, ainsi qu’une réflexion sur l’accessibilité numérique complètent désormais la simple visite des pierres.
Situation actuelle
Aujourd’hui, le Château d’If est :
La visite mêle ainsi découverte d’une architecture militaire exceptionnelle, plongée dans l’imaginaire du Comte de Monte-Cristo et prise de conscience des enjeux contemporains de préservation du patrimoine.
Où se trouve le Château d’If ?
Le Château d’If est situé sur l’îlot d’If, dans l’archipel du Frioul, en face de Marseille (7ᵉ arrondissement), dans les Bouches-du-Rhône, région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Comment se rendre au Château d’If depuis Marseille ?
On s’y rend uniquement en bateau, grâce à des navettes maritimes au départ du Vieux-Port (Quai de la Fraternité). La traversée dure environ 20 à 30 minutes, sous réserve de bonnes conditions météo.
Peut-on visiter l’intérieur du Château d’If ?
Oui, le monument est ouvert au public : on peut visiter les cours, les tours, les anciennes cellules de prison, les remparts et faire le tour de l’îlot, dans la limite des zones sécurisées.
Quels sont les horaires d’ouverture du Château d’If ?
En général, le château est ouvert de 10h à 18h du 1ᵉʳ avril au 30 septembre, et de 10h à 17h du 1ᵉʳ octobre au 31 mars, fermé le lundi et certains jours fériés. Les horaires peuvent varier : consultez le site officiel avant votre venue.
Combien coûte l’entrée au Château d’If ?
Le plein tarif individuel est de l’ordre de 7 €, avec de nombreuses gratuités (moins de 18 ans, 18–25 ans UE, etc.) et tarifs réduits. Le billet de bateau est à payer en plus auprès des compagnies de navettes.
Qui a construit le Château d’If ?
Le Château d’If a été construit sur ordre du roi François Ier, entre 1529 et 1531 environ, comme première grande forteresse royale de Marseille pour contrôler la rade et protéger la ville.
Quel style architectural présente le Château d’If ?
Il s’agit d’une forteresse de la Renaissance, mêlant héritage médiéval (tours rondes, courtines hautes) et innovations liées à l’artillerie (casemates, embrasures modernes, enceinte bastionnée), typique de la transition vers la fortification bastionnée.
Pourquoi le Château d’If est-il célèbre ?
Le site est célèbre à la fois pour son passé de prison d’État redoutée et pour son rôle de décor dans le roman Le Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, qui en a fait un symbole mondial de captivité et d’évasion.
Combien de temps faut-il pour visiter le Château d’If ?
En comptant la traversée en bateau, il faut prévoir une demi-journée : 20–30 minutes de bateau aller, 2 à 3 heures sur l’île (visite du château, remparts, panorama), puis retour vers le Vieux-Port.
Quelles activités peut-on faire autour du Château d’If ?
On peut combiner la visite du château avec une escale sur les îles du Frioul, une croisière dans la baie de Marseille ou les calanques, ainsi qu’un parcours patrimonial dans le centre historique de Marseille (Vieux-Port, Panier, Notre-Dame-de-la-Garde, forts Saint-Jean et Saint-Nicolas).
N. Faucherre, J-P. Brighelli, Le château d’If et les forts de Marseille, Éditions du Patrimoine, 1999.
François di Roma, Le Château d’If, Éditions Jeanne Laffitte, 1990.
Claude Camous, Alexandre Dumas, du Château d’If au gai Paris, Éditions Autres Temps, 2014.